Cavaleras et autres vanité

De la Rome antique à nos jours, la représentation de la mort a toujours été présente dans

le monde des arts.

 

 

La Rome antique célèbre le jour présent « Carpe diem » et jouit de chaque instant de la vie et de ses plaisirs.

« nunc est bibendum, nunc pede libero pulsanda tellus »(C’est maintenant qu’il faut boire et frapper la terre d’un pied léger, Horace).

Le moyen âge, plus religieux, joue de la mort comme un avertissement, « Memento mori » (Souviens toi que tu vas mourir).

Dans les danses macabres le vivant est tourmenté par le mort.

Entre austérité de la reforme et dramatisme du style baroque, l’imagerie mortuaire du 17°siécle fait son grand retour. L’accumulation des biens terrestres, n’empêchera pas la grande faucheuse de passer et les pleureuses du Vatican ne peuvent que constater l’inévitable.

 

Le crane, emblème de la mort devient la relique sacrée. Il est du vivant ce qui résiste  au temps, résistant aux intempéries de l’histoire comme au désastre du quotidien.

Les artistes du 20°siécle revisitent l’art des civilisations lointaines (momie aztèque, masque mortuaire incas, crane maori, fétiche et art tribal africain…) et donnent d’ autres dimensions aux représentations.

La mondialisation et l’avènement d’un monde capitaliste du début de ce troisième millénaire voient revenir au galop le « Memento mori ». Entre expressionisme et disparition programmée de l’espèce, la mort n’a jamais été aussi vivante.

 

 

 

 

Dans la lignée de ce renouveau et à la fois en contre pied, le travail de Benoit Hapiot s’inscrit dans un parcours artistique protéiforme.

Entre art sacré et pop culture, le monde de l’art est devenu pour lui un terrain de jeu, toujours là ou nous ne l’attendons pas, allant de recherches plastiques aux expérimentations iconographiques.

 

 

 

 

Ces sculptures à la fois proches des « calaveras » mexicains, des fables animalières, des contes et frayeurs de l’enfance, provoquent plus le sourire que le frisson.

 

Dans ses dernières représentations, Benoit Hapiot se joue de ses squelettes. Il en crée de toutes sortes, leur donnant, paradoxalement, plus de vie et de personnalité, jusqu’à ce que l’on oublie nous-mêmes le caractère foncièrement morbide de ces sculptures. C’est là l’expression de ce paradoxe, entre jeux d’enfants et pied de nez, au point de douter des frontières de la vie et de la mort.